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Série à l’occasion de la Coupe du monde: Les nouvelles technologies dans le football

Vingt-deux joueurs et un ballon ne suffisent plus aujourd’hui. Des moyens technologiques sont également mis en œuvre en Russie. Les explications de Martin Rumo, chef du service spécialisé Technologie du sport.

10.07.2018 | Communication OFSPO, Christa Grötzinger

Seidenschwarz installiert die technischen Geräte.

Les nouvelles technologies dans le football.

 

Martin, qu’est-ce qui te plaît le plus dans cette Coupe du monde de football en Russie?
J’aime regarder et «analyser» les matchs avec mes fils. Ce faisant, je reconnais aussi des contenus que j’ai appris au cours de conversations avec des coachs et des entraîneurs sur la périodisation technique et sur les différents moyens qui peuvent être engagés dans diverses situations de jeu. Le football moderne est extrêmement bien organisé à ce niveau et les buts ne peuvent plus être marqués que lorsque l’équipe adverse commet des erreurs grossières.

De nouvelles technologies sont utilisées pour cette Coupe du monde de football 2018. Lesquelles exactement?
Deux technologies sont utilisées pour faire en sorte que les matchs soient plus équitables. En plus d’avoir recours aux vidéos pour les tirs au but, les arbitres sont autorisés depuis peu à utiliser les informations de leurs assistants dans le Moscow Broadcast Center pour étayer plus largement leurs décisions.  La FIFA expérimente aussi une nouvelle prestation pour les participants. Les équipes disposent de spécialistes des données équipés de tablettes, qui sont présents dans le stade durant le match et qui analysent en permanence le matériel vidéo et les données recueillies; ils transmettent ensuite ces données aux spécialistes présents sur le banc des entraîneurs.

Toutes les équipes disposent-elles de tels spécialistes?
Les équipes ont droit chacune à trois tablettes, dont l’une est réservée à l’équipe médicale. Je suppose que toutes les équipes disposent d’une assistance suffisamment nombreuse. Mais il est difficile de savoir s’ils ont des spécialistes en ce domaine et s’ils utilisent effectivement ces tablettes. Notre collègue de la HEFSM, Markus Tschopp, était avec la Nati en Russie et il est mieux à même de le savoir. Mais je suppose qu’en football, on n’utilise pas encore énormément les statistiques objectives.

A quoi cela tient-il?
Je pense que cela demande encore un peu de temps. Ce que l’on peut effectivement mesurer et ce qui est pertinent pour l’entraîneur ne se recoupent pas toujours. Que peut-on dire par exemple sur la performance de jeu si l’on sait qu’un joueur parcourt cinq kilomètres en 90 minutes? Que signifie le fait qu’il ait effectué 150 passes? En quoi le temps de possession du ballon est-il décisif, quand on sait que les perdants le possèdent plus souvent?

Quelles technologies la Haute école fédérale de sport de Macolin utilise-t-elle déjà?
Nous avons pu travailler très tôt déjà avec le système de mesure de position en temps réel (Local Positioning Measurement System LPMS). Nous avons ainsi développé, dans le cadre du travail de doctorat de Karin Fischer, une méthode qui mesure l’effort physique des joueurs mieux qu’aucune autre auparavant. Avec le projet «Stream-Team», nous allons maintenant nous occuper des aspects tactiques, ainsi que de concepts tels que le «contrôle du ballon» et la «pression sur le ballon», qui sont difficiles à mesurer. (voir film). Mais entretemps, cette technologie a quelque peu vieilli au fil des ans. Nous travaillons plus souvent avec un système GPS et avons aussi développé nous-mêmes, dans le cadre d’un projet CTI, un système de positionnement ainsi qu’une solution pour suivre les contacts individuels avec le ballon.

Quelles seront les tendances technologiques dans le football à l’avenir?
J’imagine qu’il y aura des systèmes de tracking très simples, qui pourront même suivre le ballon. Ces données ne sont pas pour le moment de très bonne qualité. Mais à l’avenir, ce sera tout aussi normal que de suivre un match par vidéo. Il existera des programmes informatiques qui reconnaîtront, avec des données collectées à l’aide de capteurs, des éléments complexes et qui «comprendront» ce qui se passe sur le terrain. En outre, on analysera de nombreux matchs à l’aide d’une machine: https://dbis.dmi.unibas.ch/research/projects/streamTeam/
 

Notre collègue, Philipp Seidenschwarz, travaille déjà maintenant à des interfaces sur lesquelles l’entraîneur peut interagir très intuitivement avec des données complexes: https://dbis.dmi.unibas.ch/research/projects/sportsense-1/

Données personnelles

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Martin Rumo.

Âge: 44 ans
Domicile: Fribourg
Enfance à: Fribourg
Famille: deux enfants (Loic et Liam)
Passe-temps: lecture et cuisine
A Macolin depuis: 2006